Inventée il y a déjà une soixantaine d’années, la motricité libre gagne en popularité et se démocratise de plus en plus. Considérant l’enfant comme un être compétent et capable de se développer tout seul, elle prône un développement moteur libre de l’enfant, avec une intervention limitée, mais encourageante, de l’adulte. 

 

  • Emmi Pikler, pédiatre à l’origine de la motricité libre.
  • Qu’est-ce que la motricité libre ?
  • Quels sont les bienfaits de la motricité libre ? 
  • Comment instaurer la motricité libre dans les crèches ?

Emmi Pikler, pédiatre à l’origine de la motricité libre

Le concept de motricité libre a été développé dans les années 1960 par le docteur Emmi Pikler. Avant de devenir pédiatre dans la pouponnière de Lóczy en Hongrie, le docteur travaille en chirurgie et fait un constat curieux : il y a beaucoup moins d’accidents traumatiques graves, et donc moins d’hospitalisations, chez les enfants de quartiers populaires et, au contraire, il y a beaucoup plus d’hospitalisations d’enfants citadins. N’est-ce qu’une coïncidence, ou y-a-t-il une explication rationnelle ? La pédiatre émet une théorie intéressante. Selon elle, un enfant qui a l’habitude de se déplacer librement est beaucoup plus prudent, il sait gérer ses mouvements, tomber sans risque et reconnaît les situations dangereuses. Au contraire, un enfant surprotégé et limité dans ses mouvements se met plus facilement en danger car il ne reconnaît pas ses limites. Pour le docteur, les bébés seraient donc des êtres compétents, capables de se développer avec une intervention limitée des adultes. C’est la naissance de la motricité libre

 

Qu’est-ce que la motricité libre ?

Les premiers mois, un nourrisson a besoin d’être entouré physiquement pour se constituer une sécurité affective. Passés ces quelques mois, le bébé présente de l’intérêt et du plaisir à découvrir seul ses possibilités motrices. Le but est de rendre le bébé maître de son développement à travers l’exploration de son environnement, le toucher et la découverte des textures, le développement de ses mouvements, la répétition, les expérimentations et la persévérance. Par exemple, il ne s’agit donc pas de montrer à un bébé comment se retourner ou se tenir assis, mais de le laisser y parvenir seul, au gré de ses expérimentations au sol. L’enfant progresse donc à son rythme, et n’est pas poussé à réaliser une position qu’il ne sait pas faire, et qui risquerait de le mettre en échec.

Attention ! Un enfant ne doit cependant pas être seul et livré à lui-même. Le rôle de l’adulte, parent et ou professionnel(le) de la Petite Enfance, est d’accompagner le développement de l’enfant dans un cadre sécurisé. Il s’agit donc d’observer l’enfant, de veiller à sa sécurité, et de faire preuve de beaucoup de patience, sans pour autant faire les choses à sa place. 

 

Quels sont les bienfaits de la motricité libre ?

La motricité libre présente de nombreux bienfaits ! En explorant et en découvrant par lui-même, le bébé se sent compétent et capable de faire. Cela augmente sa confiance en lui, son esprit d’initiative et son envie de persévérer dans l’effort. Sur le long terme, la motricité libre permettrait à un enfant d’être plus autonome et davantage capable de se séparer de ses parents

 

Comment instaurer la motricité libre dans les crèches ?

La motricité libre est de plus en plus pratiquée dans les différents Établissements d’Accueil du Jeune Enfant (EAJE), et ce, de nombreuses manières différentes. 

Ainsi, les transats, cale-bébés ou trotteurs sont à éviter dans la mesure du possible. Placés dans une position peu naturelle, le bébé voit ses mouvements limités. Au contraire, les tapis d’éveil favoriseraient un développement moteur libre. Sans barrières et confortables, les tapis d’éveil permettent à bébé de bouger dans tous les sens et de découvrir des positions. Il est conseillé de placer quelques jouets autour de l’enfant (pas de trop, au risque qu’il ne sache plus où donner de la tête), et de le laisser les attraper et jouer avec.

Pour les enfants plus grands, la motricité libre peut se matérialiser à travers des jeux de plus ou moins grande motricité (ballons, vélo, cerceaux ou jeux d’encastrement ou de construction), ou encore par des ateliers surveillés (cuisine, peinture, …).