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Comment s’entraîner à la création de jeu en réalisant des jeux Flash

Catégorie(s) de l'article : Game Art | Game Design
Article écrit par Hugo
Très rudimentaires et accessibles en quelques clics, les jeux flash peuvent ne paraître qu’être que de simples distractions de quelques minutes. Pourtant, ils constituent un moyen très rapide et efficace de commencer à créer ses premiers véritables jeux.

Se lancer comme Game Designer, Game Artist ou programmeur peut se révéler difficile, surtout en amateur. Réaliser un jeu est un processus qui demande énormément de temps et d’effort avant même d’arriver à une ébauche avec laquelle travailler.

Il existe toutefois plusieurs options à votre disposition afin d’acquérir quelques expériences dans la création de jeu sans passer par toutes ces étapes. Si le modding, la modification de jeux déjà existant ne vous intéresse pas ou que vous souhaitez créer vos propres jeux de A à Z, le jeu flash est une autre alternative.

Qu’est-ce qu’un jeu flash/sur navigateur ?

Les jeux flash sont de petits jeux conçus pour pouvoir être exécutés et joués directement sur navigateur (Google Chrome, Mozilla Firefox, Safari…). On les appelle flash pour deux raisons :

  • Ils sont rapides à charger, facilement accessibles et souvent relativement court
  • Traditionnellement, ils étaient majoritairement conçus sous Adobe Flash, un programme permettant de créer des animations et jeux encodés en ActionScript.

Qu’est-ce que Flash ?

Adobe Flash était omniprésent durant les débuts de l’internet, capable de créer des contenus multimédias compact et lisibles sur toutes les machines. Il était utilisé pour de nombreuses applications ou pour la création des premiers services de streaming, comme YouTube.

Toutefois, Flash est aujourd’hui considéré par beaucoup de développeurs comme une technologie obsolète et gourmande en ressources processeur. Le programme se fait lentement remplacer par son concurrent, le HTML5, et ne sera plus mis à jour à partir de fin 2020.

Malgré cela, alors qu’on devrait techniquement les appeler « jeux sur navigateur », le terme « jeu flash » reste solidement ancré dans les mœurs, et reste leur appellation la plus commune.

Les origines du jeu flash

Les jeux flash sont apparus dès les débuts du boom de l’internet, lorsque les navigateurs sont devenus plus performants et que les foyers ont commencé à se doter de connexion à haut débit au début des années 2000.

Grâce à leur accessibilité, à leur grande flexibilité et au fait qu’ils soient assez faciles à créer, ils sont rapidement devenus une forme de tradition vidéoludique. De nombreux sites tels que NewGrounds, ArmorGames ou Kongregate ont émergé comme des plateformes regroupant ces créations, partagées gratuitement et parfois même anonymement sur le web.

Devenant progressivement de plus en plus ambitieux au fil des ans, les jeux flash se sont imposés comme un véritable microcosme vidéoludique, évoluant en parallèle des autres « vrais » jeux vidéo.

De véritables communautés s’y sont formées, collaborant et mettant en avant certains jeux et créateurs particulièrement populaires, formant les bases de cette nouvelle culture mémétique. Les jeux ayant connu le plus de succès sont même parvenus à créer leurs propres sagas ou à organiser de véritables petits studios de créateurs flash, comme Miniclip ou The Behemoth.

Un format qui transforme le reste de l’industrie

Il serait faux de croire que l’impact du jeu flash sur le reste du monde vidéoludique ait été mineur.

Le jeu flash est en quelque sortes devenu un laboratoire d’expérimentations à grande vitesse, avec à sa disposition de très nombreux amateurs multipliant les genres, expériences de gameplay et nouvelles idées. Sans réel enjeu financier et limité à des expériences de jeu très courtes, le jeu flash était l’occasion de tenter de nouvelles innovations plus risquées, expérimentales ou même controversées.

On pensera par exemple au jeu Tower Defense, qui est certes né sur Warcraft 3 mais a connu le gros de sa popularité en ligne, à de nombreuses variations de jeux de puzzle, ou même au idle game, un genre assez singulier qui n’a jamais réellement quitté le format du navigateur.

Les débuts de l’indépendance

S’il a fallu attendre le début des années 2010 pour voir une renaissance du jeu vidéo indépendant, de nombreux développeurs n’ont pas attendu pour faire leurs dents sur le jeu flash. La plupart d’entre eux sont en effet réalisés par un seul individu, voire, de très petites équipes.

Le jeu flash sert encore aujourd’hui d’une porte d’entrée très accessible pour beaucoup de game designers ou game artists qui souhaitent se lancer sur de petits projets concrets.

Certains ne s’y sont pas trompé et ont utilisé le tremplin du mouvement indien pour sortir leurs propres créations après s’être entraîné sur flash. C’est par exemple le cas de Edmund McMillen, dont le premier Meat Boy était à l’origine bel et bien un jeu flash, Karl Flodin avec Superhot, ou The Behemoth avec Alien Hominid ou Castle Crashers.

Une transition vers le mobile

On remarque aujourd’hui que le jeu sur navigateur est en perte de vitesse. Ce n’est pas totalement vrai : une grande partie des développeurs les réalisant se sont juste tournés vers le mobile ! En utilisant ces différentes applications, il leur est potentiellement possible d’atteindre un très large public.

Au niveau de leur création, il n’y a que très peu de différence entre le code d’un jeu sur navigateur et celui d’une application mobile. Certains programmes permettent même d’effectuer facilement une transition, avec quelques efforts d’adaptation.

L’explosion du jeu mobile n’est en quelques sortes que l’extension de ces créateurs déjà présents sur PC. En réalité, la majorité des plus grands succès du mobile peuvent trouver une origine directe dans d’autres ancêtre provenant du flash, tels que :

  • Angry Birds (Crush the Castle),
  • Candy Crush Saga (Bejeweled, les très nombreux « match 3 games »),
  • Subway surfer (Canabalt, Robot Unicorn Attack)
  • Cut the roap (Super Stacker, Splitter)

Comment créer son jeu sur navigateur ?

Dans un premier temps, pour les raisons précédemment évoquées, il est fortement déconseillé aujourd’hui de développer un jeu sur navigateur sous Flash. Le langage de prédilection pour les réaliser aujourd’hui est l’HTML5, qui est à la fois stable, flexible et le plus susceptible de vous aider dans une carrière de développeur.

Qu’est-ce que le HTML5 ?

HTML est un format omniprésent car c’est le langage utilisé pour encoder la quasi-totalité des contenus présents sur les pages web aujourd’hui. Cela implique aussi aujourd’hui le jeu sur navigateur. Cette cinquième version est simplement la plus récente (et celle avec le plus de fonctionnalités.)

Dans le cas du jeu vidéo sur navigateur, HTML sert principalement du grand cadre permettant de l’intégrer et de le présenter sur une page web.

Le jeu en lui-même peut être codé en utilisant différents langages de programmation, mélangeant HTML5, JavaScript et CSS. Certaines fonctionnalités demanderont certains langages. Créer un jeu qui prend en compte la 3D demande par exemple d’utiliser WebGL, une application qui tourne sous JavaScript.

Pour pouvoir réaliser votre jeu, il sera donc nécessaire pour vous d’apprendre les différents langages nécessaires pour votre projet. Vous n’avez pas besoin de devenir un expert avant de commencer : apprendre au fur et à mesure en fonction de vos besoins peut être un excellent entrainement.

Trouver son Game Engine

Comme pour tout autre type de jeu vidéo, les développeurs de jeux flash n’ont pas besoin de partir de zéro. Il existe en effet des Game Engine spécifiquement créés pour le HTML5, ce programme agira comme la base de votre jeu, vous permettant d’organiser facilement sa structure.

Vous y trouverez aussi de très nombreuses bibliothèques d’assets en Open Source, dont une partie conséquente est directement dédiée au jeu flash. Il s’agit donc d’une décision importante qui dépendra surtout de ce que vous comptez créer. Sera-t-il sur mobile, navigateur, les deux ? Souhaitez-vous avoir un mode en ligne ?

Voici quelques-uns des Game Engine les plus flexibles pour encoder ses jeux en HTML5.

 

Développer son jeu

Avec tous ces outils, il ne vous reste plus qu’à faire le gros du travail : développer le jeu en lui-même. Fondamentalement, le principe reste très similaire à celui d’un autre type de jeu, mais avec des outils légèrement différents de ce que vous trouveriez sur le Unreal Engine, par exemple.

Vous trouverez des aides pour savoir comment développer votre jeu ici.

Gardez en tête que l’échelle de votre jeu n’a pas nécessairement besoin d’être gigantesque. Pour votre première application web, il est même recommandé de réaliser quelque chose de relativement simple. Une animation ou un point and click peut déjà demander beaucoup de travail et vous permettre de vous familiariser avec le logiciel.

Comment distribuer son jeu

Une fois le jeu développé, il va agir comme une application HTML qui sera lu et chargé lors de la création de la page. Il ne vous reste plus qu’à distribuer le jeu. Cela peut se faire en l’incrustant dans une page personne (votre site, par exemple) ou en le mettant à disposition du public par le biais des nombreuses plateformes de jeux flash disponibles en ligne. Cette seconde option est recommandée, car ces sites connaissent une très forte visibilité.

Une autre option peut être de transférer votre jeu sur mobile. Certains outils tels que Phonegap permettent d’effectuer cette transition assez facilement.

Quelques jeux flash qui méritent d’être étudiés

Bloons TD

Représentant classique et aujourd’hui iconique du Tower Defense, Bloons TD est un classique du jeu flash qui s’est décliné en de nombreux opus et sous plusieurs plateformes.

En tant que Tower Defense, son principe est simple : une horde de ballons vont flotter en suivant un chemin vers une extrémité de la carte.

Le joueur doit par la suite placer des singes spécialisés et améliorables qui vont éclater les différents ballons à leur portée. Bloons TD se démarque de ses nombreux concurrents par son échelle, proposant de très nombreux niveaux, modes de jeux, tourelles et possibilités.

Rebuild 2

Dans un scénario d’apocalypse zombie, on se concentre souvent sur les survivants en fuite. Rebuild fait le pari inverse : ce jeu de stratégie et de gestion vous propose de jouer le dirigeant d’un bastion s’organisant et se dressant contre la horde.

Rebuild 2 reprend la plupart des mécaniques d’un jeu de stratégie, en mettant particulièrement l’emphase sur le développement et sur les prises de risque.

Son gameplay reste toutefois concis et proche de son matériau de base, proposant même un aspect particulièrement narratif.

Le succès de ces deux premiers jeux a permis à ses développeurs, le couple Sarah et Colin Northway de se lancer en tant que véritables indépendants et même de porter un troisième opus sur la plateforme Steam.

Epic Battle Fantasy

Certains développeurs poussent le jeu flash dans ses limites. Epic Battle Fantasy fait partie de ces jeux, il s’agit d’une saga de RPG qui s’étend aujourd’hui sur plus de 10 ans et 5 jeux. Lourdement inspiré de classiques comme Final Fantasy, ces jeux sont des hommages au RPG au tour par tour tout en cherchant à expérimenter avec des mécaniques de gameplay plus singulières.

La plupart de ces opus ne représentent pas moins de 20 à 30 heures de contenu. S’il s’agit effectivement d’une moyenne basse pour un RPG, cette durée de vie est gigantesque à l’échelle d’un jeu flash.

There is no Game

Ne laissez pas le titre vous y tromper : il y a bel et bien un jeu, un jeu de puzzle. Il faudra toutefois lutter contre un narrateur d’assez mauvaise foi pour pouvoir prouver le contraire et accéder au véritable jeu. There is no game appartient à un genre assez particulier : les incremental games. Ces jeux se veulent être des expériences qui cachent volontairement leur richesse et nécessitent un travail d’exploration de la part du joueur pour dévoiler peu à peu leur contenu.

Une variation assez unique de ce genre de jeu se retrouve dans les Idle games, des jeux très étranges qui reposent sur le fait de ne pas jouer

Le joueur effectue des actions qui prennent un certain temps avant de porter leurs fruits et il incité à revenir régulièrement pour continuer son progrès par petites sessions. Ils sont aussi réputés d’atteindre des échelles et des chiffres si grands qu’ils nécessitent des notations scientifiques pour êtres lus.

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